La répartition spatiale : comprendre la
disposition des vestiges dans le site
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Dans un site préhistorique, les fouilleurs matérialisent
au sol des mètres carrés qui sont fouillés
séparément. Chaque vestige se rapporte donc à
l’un de ces mètres carrés permettant, finalement,
d’observer sur un plan la répartition des pièces
et de comprendre leur agencement : organisation de l’habitat
par l’homme ou l’animal ? dispersion par les colluvions
? sépulture ? Autant de questions cruciales, surtout lorsque
il est question de restes humains !

Bataille navale !
À Scladina, des fils à plomb sont suspendus
à des câbles et distants d’un mètre. Au
sol, ils matérialisent les coins de carrés d’un
mètre de côté. Chaque carré est identifié
par un numéro et une lettre qui déterminent sa position
sur le plan général. Comme à la bataille navale
ou aux échecs, on parle donc de carrés D29, G27, F12,
etc.
Un enfant sans dessus
dessous
Dix-neuf fragments de l’Enfant de Sclayn ont
été retrouvés, éparpillés sur
13 mètres de long et 7 de large dans la seconde moitié
de la grotte. Visiblement, ces ossements ne sont plus à leur
place et ont été violemment déplacés
par d’importantes colluvions, si puissantes qu’elles
ont démantelé un plancher stalagmitique et creusé
un profond chenal dans les couches inférieures du remplissage.
Aucun fossile humain ne provient de la première moitié
de la grotte. Il est donc probable qu’à l’origine,
les restes de l’enfant n’étaient pas à
l’entrée de la grotte mais déjà disposés
plus loin dans la cavité.
Tous les fragments rassemblés aujourd’hui appartiennent
au crâne et à la mâchoire. Puisqu’ils sont
fragmentaires, on peut raisonnablement s’attendre à
les compléter lors des prochaines fouilles. Quant au reste
du corps, il est impossible de dire s’il s’y trouve
ou non.
À la hauteur des mètres 26 et 27, dix pièces
sont concentrées sur une petite surface. Ceci est d’autant
plus troublant lorsque l’on connaît la puissance des
colluvions qui ont éparpillé les vestiges. Au total,
plus de la moitié des restes de l’enfant sont localisés
dans 4 mètres carrés !
Et pour la suite ?
D’autres fragments sont toujours enfouis dans
les sédiments du complexe des couches 4. Pour les mettre
au jour, deux voies peuvent être suivies : continuer à
fouiller vers le fond de la grotte, au-delà du mètre
38, mais aussi sur la droite au niveau des mètres 26 et 27.
En effet, juste à côté de la concentration se
dresse l’une des coupes stratigraphiques les plus importantes
du gisement. Et par conséquent, il existe une réelle
possibilité d’exhumer des vestiges au-delà de
cette coupe.
La répartition des vestiges est donc une observation importante.
Elle est le produit de la fouille et permet d’interpréter
la position des découvertes, mais aussi de déterminer
les prochaines zones de travail. Avec la stratigraphie, elle est
l’un des guides majeurs pour établir la stratégie
d’investigation.
En bref …
• L’hémi-mandibule droite est
la première et la plus grosse pièce trouvée
à la fouille, dans le carré D29.
• Seules des dents ont été exhumées dans
la concentration de vestiges des mètres 26 et 27.
• La partie manquante de la mandibule gauche et le fragment
de maxillaire indiquent que leurs compléments restent à
découvrir.
• Actuellement, le fossile le plus éloigné de
l’entrée est une dent mise au jour en E38.
• Les trois fragments osseux ont été localisés
à proximité de la paroi gauche de la grotte en C28,
D29 et D30.
En savoir plus
• L’Enfant de Sclayn et tous les sujets
qui tournent autour de lui (ici)
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