Le Paléolithique moyen
en Belgique, des anciennes découvertes aux fouilles modernes
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En bref
Pour une halte au Trou du Diable (Hastière),
les Néandertaliens ont utilisé du silex qu’ils
ont transporté sur plus de 30 kilomètres pour mener
à bien leurs activités.
La vallée de la Mehaigne est l'endroit où l'on a retrouvé
le plus de sites en grotte.
A Omal, un atelier de production d'outils en silex a permis la découverte
de près de 40.000 outils et débris de silex !
Pour toute l'Ardenne, on connaît moins d'une dizaine de pierres
taillées !
A Scladina, 15 niveaux ont livré des artefacts mais seulement
4 d’entre eux correspondent à de véritables
occupations !
Notre pays a livré de nombreuses traces de
la présence des Néandertaliens : des ossements humains
(au moins 10 individus) ont été découverts
dans 7 grottes, mais aussi des centaines de milliers d’outils
et de déchets de pierres taillées dispersés
sur tout le territoire et retrouvés autant dans des sites
de plein air que dans des grottes.
Des grottes ?
La plupart des découvertes en grotte ont eu
lieu au XIXe siècle, dans les vallées de la Meuse
et de ses affluents. Les grottes sont des abris naturels et très
tôt les préhistoriens ont pensé que les hommes
du passé y avaient habité. C'est le cas à Hastière,
à Pont-à-Lesse, à Modave et à Fonds-de-Forêt
pour n'en citer que quelques-unes. Mais les Néandertaliens
n'occupaient pas que les grottes, et en tout cas jamais pendant
une longue durée. En effet, on y retrouve trop peu de silex
taillés pour envisager des occupations de longue durée.
ces grottes servaient plus probablement d'abris pendant quelques
jours, voire quelques semaines, et les hommes vivaient en plein
air l’essentiel de leur temps.
Pas seulement !
Depuis la fin du XIXe siècle, on découvre
de grands sites de plein air principalement dans les régions
où s’est formé le silex, la roche de prédilection
des Hommes préhistoriques. En région liégeoise,
on connaît les sites d'Otrange, d'Omal et, à Liège
même, un grand atelier dans le quartier de Sainte-Walburge.
Près de Mons, les sites sont très nombreux : Mesvin,
Petit-Spiennes, Saint-Symphorien et Obourg, entre autres.
Jusqu'il y a peu, l'essentiel des découvertes paléolithiques
étaient localisées à proximité du sillon
Sambre-et-Meuse, dans le Hainaut et en Hesbaye. Mais depuis une
trentaine d'années, on en a exhumé en Flandre, jusqu'à
Gand. Les traces y sont moins nombreuses et moins fréquentes
mais prouvent que les Néandertaliens ont occupé la
totalité du pays.
Et aujourd'hui ?
Tout l'enjeu est de définir le plus précisément
possible la relation entre l'Homme de Néandertal et son environnement
(climat, faune, flore, etc.).
Pour cela, les fouilles continuent avec des techniques modernes,
tant en grotte qu'en plein air.
A Remicourt, par exemple, un site néandertalien en plein
air a été découvert lors de la construction
d'une ligne de chemin de fer.
En grottes, les recherches sont toujours en cours au Trou Al'Wesse
à Modave et, bien entendu, à Sclayn.
Aujourd'hui, Scladina est le fleuron du Paléolithique moyen
en Belgique. L'Homme y est passé à plusieurs reprises
et surtout, on y a découvert les ossements d'un enfant néandertalien
d'une dizaine d'années. Pour l'anthropologie, cette découverte
est la plus importante en Belgique depuis la fin du XIXe siècle.
Pour l’archéologie, les industries lithiques de Scladina
apportent de nombreuses informations sur l’intelligence et
le mode de vie des Néandertaliens dans notre pays à
plusieurs moments et dans différents environnements.
Version du 24/01/07
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