L’Enfant de Sclayn : une exposition
novatrice et surprenante sur la Préhistoire
Le 16 juillet 1993, la grotte Scladina était le théâtre
d’une extraordinaire découverte, celle de la mâchoire
d’un enfant néandertalien ayant vécu il y a
environ 100.000 ans !
Depuis lors, d’autres restes ont été récoltés,
fragments de mandibule, de maxillaire, dents isolées. Aujourd’hui,
20 pièces
du squelette crânien ont été exhumées
en 13 ans de recherche, enfouies sous près de 250 m³ de
sédiments, fouillés
et tamisés minutieusement.
Après 13 années d'analyses en laboratoire,
cet enfant livre ses secrets : son âge,
ses habitudes alimentaires, son identité génétique.
L'exposition "L'Enfant de Sclayn" réunit
pour la première fois les 20 fossiles exhumés à ce
jour et vous fait découvrir les méthodes et les résultats
des scientifiques qui ont contribué à la "renaissance" de
ce petit Néandertalien.

Une première pour l'anthropologie belge !
Pour la première fois en effet, tous les
fossiles sont réunis
dans une exposition où les scientifiques qui ont pris part à cette
formidable aventure livrent sans détour leurs informations à un
large public.
Au fil de l’expo, les visiteurs découvrent
les étapes
successives de la recherche en Préhistoire, une discipline
qui élabore de vastes théories à partir de
petits bouts d’os,
de dents et de pierres. Des théories qui, à leur
tour, vont motiver de nouvelles fouilles et provoquer inévitablement
de nouvelles découvertes et de nouvelles questions. Ainsi
avance la Science.
Dans l’exposition, trois lieux différents
ont été choisis
pour accueillir les grandes étapes de cette recherche :
les découvertes dans le site et les observations sur le
contexte, les études en laboratoire qui font appel aux techniques
les plus modernes et, enfin, l’interprétation des
vestiges, avec ses limites et la part de rêve qui en prend
le relais.
La fouille et l’émotion des découvertes
Dans
la salle principale de l’expo, les visiteurs assistent à une
remise en situation des vestiges, quasiment tels qu’ils ont été observés à la
grotte. Les indices sont là. Les limiers ne touchent à rien.
Il faut d’abord regarder, lire ces messages composés
dans une langue peu commune, celle des objets dans leur environnement.
Aucune interprétation n’est
tolérée à ce stade. Seuls les faits importent
: localisation spatiale, position stratigraphique, ordre des
trouvailles. Tout ce qui a été mis au jour et vu
par les archéologues
est dévoilé aux visiteurs. Une occasion unique de
se faufiler dans les coulisses d’un métier que l’on
aime trop souvent dépeindre
sur toile de mystère !
Les études de laboratoire et leurs résultats
Dans la « Galerie des Scientifiques »,
chacune des méthodes d’analyse appliquées aux
restes de l’enfant est présentée avec ses avantages
et ses inconvénients. Quel était son âge
? Quand a-t-il vécu ? Que mangeait-t-il ? Est-il notre ancêtre
direct ? sont quelques-unes des questions auxquelles
les experts actuels tentent de répondre. Mais attention,
chaque discipline possède ses capacités et ses
limites, qui doivent être
prises en compte pour considérer la pertinence d’un
résultat ! Au fil
d’une dizaine de panneaux, les différents acteurs
de cette longue série d’études livrent leurs
secrets. Que peut-on dire et ne pas dire à partir d’un
petit bout d’os ?
Une réalité bien dure et souvent très loin
des affirmations des docus-fiction !
Le Pays de l’Imaginaire
Enfin, l’Enfant de Sclayn reprend vie
dans le dernier espace de visite, chapeautant les deux premiers
! Au fond, qui est cet enfant pour nous ? Chaque scientifique,
chaque artiste, mais aussi chaque personne possède « son
Enfant de Sclayn ».
Dix
ans pour l’éternité et, au-delà de la
science, à jamais un petit bout d’Homme qui nous touche
au plus profond. Qui était-il, comment est-il mort, a-t-il été enterré ?
Autant de questions qui se bousculent, justement parce que c’est
un enfant. Etait-il différent de nous et à quel point
? Il n’était
(peut-être !) même pas de notre espèce ! Mais
finalement, tous enfants, tous semblables, non ? Dans un exercice
unique, scientifiques et visiteurs livrent leur vision de l’Enfant
de Sclayn, ou comment la rigueur scientifique laisse place
au rêve afin
de mieux nous comprendre nous-même…
Le concept : critique, critique, critique !
Aujourd’hui, la Préhistoire est une
période « à la
mode » et de nombreux documentaires y sont consacrés.
A l’heure des reconstitutions par ordinateur et des scènes
de vie réinventées,
de nombreux caractères anatomiques et comportementaux sont
attribués
aux Hommes préhistoriques et présentés
comme des évidences. Or, que pouvons-nous réellement
dire ? Un os permet-il de juger l’intelligence, le comportement,
la pilosité ou
la couleur de peau ? Par cette exposition, les visiteurs pourront
juger par eux-mêmes la pertinence des
reconstitutions actuelles et se rendre compte que nous avons
trop souvent tendance à présenter comme des évidences
de simples hypothèses, des visions personnelles qui sont
bien éloignées
de la réalité, des réalités !
Plus d'infos :
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catalogue "l'Enfant de Sclayn, vivre en Pays mosan il y a 100.000ans"
>> L'Enfant
de Sclayn
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