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L’écrin sédimentaire de l’Enfant de Sclayn : les couches 4

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Lors de la découverte des fossiles humains, seize couches étaient alors identifiées à Scladina, progressivement accumulées avec le temps sur près de sept mètres d’épaisseur. C’est dans la couche 4A, par cinq mètres de profondeur, que reposaient les vestiges. La poursuite des recherches dans la grotte a considérablement affiné la séquence stratigraphique : une centaine de variations sédimentaires sont désormais repérées et la couche 4A traditionnelle s’est muée en « complexe des couches 4 ».

 

Couches sédimentaires

 

En bref…

• Les fossiles de l’enfant n’occupent plus leur position d’origine. Un important chenal a bouleversé l’ordre des couches sédimentaires et a éparpillé les dents et les mâchoires, sur 13 m. de long.

• La possibilité d’une sépulture à Scladina n’est pas exclue tant que les autres fragments n’auront pas été retrouvés, en dehors du chenal.

• Les couches 4 sont criblées de terriers d’animaux (blaireaux, lièvres, campagnols). Certains sont récents et il arrive que l’on y retrouve des sachets de plastique ou des bouts de papier aluminium dérobés aux fouilleurs !

 

Chamboulement !

L’ancienne version du récit du remplissage était simple : deux couches, 4b et 4a, s’étaient déposées dans la grotte peu avant la formation d’un important plancher stalagmitique, daté d’approximativement 100.000 ans, qui était venu les protéger. Les récentes observations racontent une histoire quelque peu différente. Les premiers sédiments du complexe des couches 4 se mettent en place dans la grotte avant le plancher stalagmitique. Après sa formation, des coulées boueuses, des colluvions, s’introduisent avec force dans la grotte et creusent un chenal dans les sédiments précédents . Leur puissance érosive est telle que ce chenal atteint parfois plus d’un mètre de profondeur, sur trois de large, et a démantelé le plancher stalagmitique en certains endroits. Ainsi, on peut rencontrer à la même altitude des sédiments introduits dans la grotte à des époques différentes.

 

L’enfant : dans quelle couche ?

Aujourd’hui, face à cette nouvelle interprétation de la stratigraphie, l’origine exacte des fossiles humains doit être précisée. Proviennent-ils de sédiments déposés avant la formation du plancher stalagmitique ou, au contraire, ont-ils été charriés par les colluvions qui lui succèdent ? Les photos prises lors de la découverte de certains fossiles montrent avec certitude que ceux-là, au moins, ont été découverts dans un sédiment qui contenait de nombreux fragments de plancher stalagmitique, sous la forme de plaques de calcite blanche et de stalagmites renversées (voir photo). Ces fossiles, par conséquent, ne peuvent qu’avoir été charriés par le chenal responsable du remaniement des dépôts et du démantèlement du plancher. Ils datent donc, au minimum, du chenal.

 

Une question en suspens !

Mais, pour les autres vestiges, il n’a pas été possible d’en préciser la position. II n’est pas exclu, pour ceux-là, qu’ils proviennent des couches limoneuses « 4 », celles qui précédaient la formation du plancher. Dans ce cas, les vestiges sont plus vieux que le chenal. A ce moment, il faut se pencher sur les raisons qui ont conduit au dépôt des ossements dans la grotte. Ont-ils été charriés dans la grotte par ces premiers limons ? Ont-ils été amenés par l’homme, aménageant une sépulture ? Seules de nouvelles fouilles pourront faire toute la lumière sur l’histoire, la signification et l’ancienneté de ces ossements.